Father : Un FILM – récit poignant sur la culpabilité et la responsabilité. RAMDAM FESTIVAL.


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Le pitch de Father

  • Le film nous emmène dans une petite ville de Slovaquie à la rencontre d’un père de famille dont la vie bascule en une matinée.
  • Accaparé par des préoccupations professionnelles et financières liées à la gestion de son journal régional, il oublie de déposer sa fille de deux ans à la crèche.
  • L’enfant reste plusieurs heures dans la voiture sous un soleil de plomb et décède.
  • Le récit accompagne alors ce père et son épouse dans l’onde de choc qui suit ce drame, entre processus judiciaire, éclatement du couple et poids étouffant de la culpabilité.

Fiche technique & Protagonistes

  • Origine : Cinéma slovaque (film nommé aux Oscars).
  • Thématique : Drame familial basé sur des faits réels.
  • Intervenante : Aniko Ozorai, journaliste de Notélé.
  • Partenariats : Présenté au RAMDAM avec le soutien historique de Notélé et l’implication des séances scolaires.

L’immersion dans une réalité oppressante

Aniko Ozorai explique au micro d’Audry que la mise en scène, utilisant de nombreux plans-séquences et des gros plans, place le spectateur dans la tête du père. Cette approche subjective crée une tension constante et une empathie complexe : on se retrouve à la fois dans le jugement face à l’inacceptable et dans la compréhension de ce « trou noir » provoqué par le stress. Le film réussit le tour de force de transformer un fait divers tragique en une étude psychologique profonde sur la fragilité de nos existences.

La pression professionnelle comme facteur de rupture

Lors de l’échange avec Laurent Frémal, la thématique de la charge mentale liée au travail est soulevée. « Father » illustre comment les préoccupations parasitaires du quotidien peuvent prendre le pas sur l’essentiel, ici la vie de famille. Le film montre un homme qui, malgré son amour profond pour les siens, se laisse déborder par un système qui exige une attention constante, menant à une tragédie qui aurait pu arriver à n’importe qui. C’est une invitation à réfléchir sur nos priorités et sur l’importance de vivre l’instant présent.

Notélé et le RAMDAM : Une synergie historique

L’entretien est aussi l’occasion de rappeler le lien étroit entre Notélé et le festival. En tant que partenaire fondateur, le média régional joue un rôle clé dans la visibilité de l’événement. Aniko Ozorai évoque le travail réalisé durant le festival, notamment à travers les quotidiennes qui permettent de rencontrer les cinéastes et de faire vivre les coulisses de cette fête du cinéma qui « dérange » pour mieux faire réfléchir. Elle souligne également l’importance des séances scolaires et du jury « Génération RAMDAM », qui impliquent activement la jeunesse de la région.


Transcription intégrale

Audry (Un Mic Une Cam) : Bonjour les amis, bienvenue dans ce nouvel épisode Un Mic Une Cam mais au RAMDAM. On continue notre petite série et je suis super content parce que là je vais tendre mon micro à une personne que j’apprécie beaucoup, c’est Aniko Ozorai. Bonjour Aniko.

Aniko Ozorai : Bonjour Audry.

A. : On était donc au RAMDAM en projection presse et avec toi on va parler de quel film, Aniko ?

A.O. : Alors, « Father ».

(Jingle)

A. : Aniko Ozorai, journaliste de Notélé. « Father », ça raconte quoi ?

A.O. : Alors on est dans une petite ville en Slovaquie, justement avec un personnage, donc le père, qui dirige un journal régional. Il a une très belle maison, une jolie femme, une petite fille de deux ans qu’il conduit à la crèche un jour où son esprit est très préoccupé par notamment des problèmes financiers dans son média. Et il oublie de déposer la petite à la crèche. Elle reste en plein soleil pendant six heures sur le parking de son entreprise. L’enfant meurt évidemment et c’est un choc total à la fois pour le père qui ne comprend pas, qui avait eu l’impression d’avoir déposé sa petite fille, pour la maman… S’ensuit toute la culpabilité qu’on peut ressentir, les explications qu’il essaie de trouver et on est vraiment au plus près des personnages et ça donne ce côté hyper oppressant. À la fois où on est dans le jugement mais aussi dans l’empathie par rapport à ce qui se passe.

A. : Comment est-ce qu’il va s’en sortir lui ? Je comprends qu’il se mette en pilote automatique, mais vis-à-vis de sa femme ?

A.O. : Mais c’est très compliqué. Le couple va vivre une séparation, lui prépare son procès et on voit que c’est pas un père indigne, que c’est pas un père irresponsable, que sa famille, sa petite fille, il l’adorait parce qu’au boulot pendant qu’elle est dans la voiture, il regarde une petite vidéo des vacances avec sa petite fille. Donc vraiment, c’est comme un espèce de grand vide, de trou noir dans sa vie parce qu’il est pris dans ses préoccupations professionnelles et ça pourrait arriver à n’importe qui.

A. : Est-ce que c’est filmé de façon subjective, objective ? Comment tu as ressenti ça ? Est-ce que ça t’a dérangé puisque c’est aussi le but du RAMDAM ?

A.O. : D’emblée je trouve que c’étaient vraiment des gros plans, des plans-séquences et on est un peu comme dans la tête du père, on voit ce qu’il traverse. L’acteur est vraiment extraordinaire, je crois que d’ailleurs le film est nommé aux Oscars. Et donc c’est de ce point de vue là subjectif peut-être qu’on vit les choses mais avec tellement de nuances que voilà, notre propre opinion peut balancer mais on regarde avec la boule au ventre.

A. : Est-ce que malgré toute cette tristesse, donc c’est un drame, c’est pas un documentaire c’est une fiction, mais malgré tout on peut tirer quelque chose de ce film ?

A.O. : C’est basé sur un fait réel et donc sur beaucoup de faits réels. Je pense aussi qu’il faut essayer de vivre dans l’instant présent et de ne pas se laisser déborder par tout ce qui peut être parasitaire au niveau environnemental et notamment le boulot qui met une pression énorme sur les gens et donc qui fait passer la vie de famille au second plan. Et d’ailleurs le papa dit au nouveau patron, celui qui vient redresser un peu la barre de l’entreprise : « J’aimerais consacrer plus de temps à ma famille ». Et puis là il est trop tard.

A. : On est toujours donc avec Aniko ici juste devant le cinéma Imagix pour le festival RAMDAM, le festival du film qui dérange. Voilà, j’ai tout dit. Mais si je te reçois aussi, encore merci mille fois, c’est aussi parce que tu travailles à Notélé et Notélé c’est un des partenaires fondamentaux du RAMDAM.

A.O. : Évidemment on est membre fondateur, Notélé membre fondateur du RAMDAM Festival. Donc dès le départ on a soutenu ce festival qui avait beaucoup moins de programmation, c’était sur une plus courte période. Alors faut que je rende hommage à ma collègue Chantal Notte qui a pris ça à bras le corps à un moment donné. Elle est toujours dans le jury de la presse aujourd’hui je crois. Oui oui, elle est là pour le jury de la presse pour les documentaires. Et moi depuis trois ans, même si j’ai souvent collaboré par le biais de séquences, de reportages, voilà je suis un peu à la commande de la quotidienne qu’on mène du 19 janvier au 26 janvier. Donc 18h30 en direct tous les soirs, sauf pour la clôture où là ce sera à 20h30. Et ce qui est chouette c’est justement de pouvoir recevoir les réalisateurs, des comédiens, faire des tournages dans les coulisses aussi de l’événement parce que c’est quand même quelque chose qui draine énormément de gens, qui donne du rayonnement à la région et puis qu’a aussi des retombées économiques.

A. : Il y a aussi la participation des écoles. On a reçu Thomas Boucard, mais même il y a des projections scolaires.

A.O. : Oui, on met ça aussi en avant. Il y a le concours Clip Clap avec donc la critique d’un film avec différentes écoles. Il y a une école qui décentralise aussi une projection au cinéma L’Écran à Ath. Voilà, il y a beaucoup de choses, il y a aussi le jury Génération RAMDAM qui est constitué de jeunes qui viennent de maisons de jeunes de la région et qui donnent aussi leur avis sur des films. Et c’est ça qui est chouette aussi c’est qu’il y a cette espèce de relève, de bouillonnement par rapport au public plus jeune.

A. : Alors le festival du film qui dérange mais qui permet la synergie et la rencontre.

A.O. : Oui et la convivialité aussi parce que c’est un des rares festivals où on peut approcher les invités de près et discuter avec eux.

A. : Et je prends encore un peu de temps dans le podcast mais c’est pas grave parce que c’est sans doute aussi un des rares festivals où la thématique est hyper ouverte. La seule chose qui est recherchée c’est que ça dérange mais ça peut déranger sur plein de points et donc j’ai envie de dire que c’est multiculturel, c’est multiples points de vue.

A.O. : Ben le monde dérange par essence et donc des thématiques on peut en trouver dans tous les domaines : les relations humaines, l’environnement, la pollution, les luttes de pouvoir, les minorités… Donc c’est vrai que chaque année ça se renouvelle.

A. : C’était le Un Mic Une Cam consacré à « Father » avec l’immense Aniko Ozorai. Merci beaucoup Aniko. « Father », on peut venir le voir quand au RAMDAM Film Festival ?

A.O. : Alors le lundi 19 à 16h15, vendredi 23 à 18h45 et samedi 24 à 9h. Ne le manquez pas franchement ça vaut le détour.

A. : À ne pas louper donc. Et je rappelle aussi qu’il y a une superbe application cette année qui fonctionne très bien pour aller voir au moins tous les films et les réserver. Et puis il y a le programme, et puis le site internet. Combien de films, tu as une idée ?

A.O. : 66 fictions documentaires, 44 courts-métrages il me semble.

A. : Une véritable encyclopédie Aniko. Mille mercis Aniko, à bientôt, au revoir.

A.O. : Avec plaisir.

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