Côté Cour : Quand le lever de rideau impose un choix impossible…


Partager sur :


Le pitch de Côté Cour

L’histoire nous plonge dans l’effervescence des coulisses de théâtre, à l’instant critique où le public s’installe. Léa, comédienne principale, apprend qu’une plainte pour viol vise son metteur en scène. Elle dispose alors de vingt minutes pour trancher : assurer la représentation comme l’exige l’institution, ou s’écouter et briser le silence. Un récit intense qui déplace le drame de la scène vers l’intimité des loges.

Fiche technique & Protagonistes

Réalisé par Lionel Delhaye, « Côté Cour » est porté par la performance de Léone François, récompensée pour ce rôle par le Prix d’interprétation au FIFF de Namur et au festival de Dinan. Produit par Narrativ Nation en collaboration avec le Théâtre de Namur et la RTBF, ce court-métrage poursuit un parcours remarqué en festivals, notamment au RAMDAM de Tournai.

La force du libre arbitre face au système

Au micro d’Audry, Léone François explique que le film traite avant tout de la capacité à rester fidèle à ses valeurs au sein d’une structure collective. Au-delà du simple cadre théâtral, l’œuvre interroge la possibilité de faire entendre une parole singulière quand toute une machine institutionnelle pousse au maintien du statu quo. C’est une exploration fine de la responsabilité individuelle sous haute pression.

Divergence de vues au cœur de la troupe

Lionel Delhaye précise à Laurent Frémal avoir voulu montrer une pluralité de réactions sans jugement. En confrontant Léa à l’indifférence ou au pragmatisme de ses collègues, le film reflète les débats qui traversent aujourd’hui le milieu artistique sur la distinction entre l’homme et l’artiste. Le suspense naît de cette impossibilité de trouver une réponse simple dans l’urgence de l’instant.

Un titre chargé de sens : entre technique et émotion

Le projet a trouvé son ancrage au Théâtre de Namur, dont les décors apportent une vérité brute au film. Le titre « Côté Cour » n’est pas qu’une indication scénique ; comme le rappellent les invités, c’est traditionnellement le « côté du cœur » pour les comédiens. Il symbolise ici le combat intérieur d’une protagoniste guidée par son instinct profond au moment de faire un choix irréversible.


Transcription intégrale

Audry (Un Mic Une Cam) : Bonjour les amis, bienvenue dans ce nouvel épisode Un Mic Une Cam un peu spécial. On va parler théâtre mais d’une autre manière. En fait, on va vous parler court-métrage. On est ici au RAMDAM Film Festival de Tournai, mais vous inquiétez pas, on va parler de Bruxelles et je ne suis pas tout seul, je suis avec Laurent Frémal. Bonjour Laurent.

Laurent Frémal : Bonjour Audry.

A. : Toi, tu es allé voir le film dont on va parler.

L.F. : Tout à fait, « Côté Cour ».

A. : On va parler de « Côté Cour », mais en plus on aura des invités. C’est qui les invités qu’on aura par téléphone, Laurent, juste après le jingle ?

L.F. : Léone François, l’actrice principale, et Lionel Delhaye, réalisateur, producteur.

(Jingle)

L.F. : Laurent, comme d’habitude et pour commencer, j’ai proposé à Léone et à Lionel de nous pitcher « Côté Cour ».

Lionel Delhaye : « Côté Cour », donc en fait, on suit une comédienne principale qui s’apprête à monter sur scène pour la première d’un gros spectacle de théâtre.

Léone François : Alors qu’il y a une plainte pour viol qui a été déposée à l’encontre de son metteur en scène. Donc c’est le personnage que je joue qui est Léa, à 30 minutes pour se décider à jouer avant la première. Voilà, et donc on est dans les méandres de cette décision. Et j’aurais peut-être envie de compléter que c’est au-delà de la question du désir de Léa, donc qui est le personnage que j’interprète, c’est la question d’avoir la capacité ou non d’arriver à prendre position, à faire entendre sa voix alors qu’elle fait partie d’un système d’un théâtre, donc d’une institution, et qu’elle n’est pas la seule à décider du sort qu’il en sera. Mais donc c’est voilà, c’est sur le libre arbitre aussi, c’est sur sa position, la décision que elle va décider de prendre.

L.F. : Tandis que moi Audry, je leur ai demandé pourquoi il y avait deux positions, celle de l’actrice indignée, outrée, et celle des autres comédiens plus indulgents qui quasiment défendaient le metteur en scène.

L.F. : On crée une situation complexe, un dilemme avec les différents points de vue. Et si tous les personnages étaient d’accord avec le personnage de Léa, quelque part il n’y a plus d’histoire. Donc on la met dans une position de conflit, d’altérité. Et c’est aussi je pense comme ça que se déroulent les débats au quotidien sur ces questions-là, sur la question de faut-il séparer l’homme de l’artiste. On n’est pas tous d’accord sur cette question-là alors qu’on est majoritairement d’accord pour dire qu’il faut se ranger du côté des victimes. La question elle est un petit peu au-delà de la question de voilà, de l’agression sexuelle vu que le film bifurque et va sur la question de la séparation de l’artiste de l’homme.

L.D. : L’objectif aussi c’était de montrer plusieurs points de vue différents. Donc effectivement on pourrait dire que les autres personnages sont contre l’avis du personnage interprété par Léone, mais certains et certaines entendent et comprennent. Mais en fait mon objectif aussi c’était de montrer que c’était pas si simple.

A. : Bon ben là moi je ne jouais pas, je ne savais même pas si on était sur une morale ou si on était sur une carrière. Un peu perdu.

L.F. : Pour moi on est presque au-delà de la question de la morale, on est dans quelque chose de voilà, de l’ordre de l’instinct en fait. Et la question de l’indignation elle vient en tout cas chez moi résonner ou réveiller un endroit de la pulsion, de l’ordre de la pulsion, quelque chose d’instinctif qui est vraiment au-delà des questions morales en fait.

L.D. : C’est un peu aussi un dilemme cornélien dans le sens entre le cœur et la raison. Enfin voilà, c’est aussi pour ça que le film s’appelle « Côté Cour ». C’est une aide mnémotechnique pour les comédiens sur scène : côté cour, côté du cœur. L’issue de ce secours dans le film est côté cour à gauche, c’est aussi un peu ce que son cœur lui dit de faire à Léa, c’est-à-dire d’oser s’indigner et de se rebeller.

A. : Et Lionel nous parle de ce tout jeune court-métrage.

L.D. : « Côté Cour » a commencé sa vie assez récemment, donc il a fait sa première nationale et mondiale au FIFF 2024. Il a ensuite été au festival du court-métrage de Dinan où on a obtenu un prix d’interprétation donc au FIFF et également à Dinan. RAMDAM est le troisième festival qui accueille « Côté Cour ». On a deux-trois pistes de festivals très sérieux, on attend les réponses donc on ne peut pas encore vraiment se prononcer.

A. : Et pour terminer, nous avons parlé de Bruxelles et de Namur. Oui oui Laurent, de Namur.

L.D. : Le lien qu’on a par rapport à Bruxelles c’est qu’on est tous les deux Bruxellois, qu’on est nés à Bruxelles.

L.F. : Une grosse partie de l’équipe, la plupart de l’équipe est bruxelloise.

L.D. : Mais on a eu la chance d’avoir été accueillis par le Théâtre de Namur qui nous a accueillis gracieusement parce qu’ils aimaient le projet et ça on ne pourra jamais les remercier suffisamment et on les remercie encore du coup maintenant.

L.F. : Mais les questions qui se posent dans les théâtres namurois sont les mêmes questions qui se posent dans les théâtres bruxellois, donc.

A. : C’était le Un Mic Une Cam dédié à « Côté Cour », le court-métrage de Lionel Delhaye et Léone François. On les a eus par téléphone, merci à eux. Merci à toi Laurent. Si on veut voir ce film comment on s’y prend Laurent ?

L.F. : Alors on va sur le site du festival RAMDAM à Tournai.

A. : Un tout grand merci Laurent Frémal.

L.F. : Merci à toi Audry.

, ,

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

+ 51 = 56
Powered by MathCaptcha

Share this content